Dimanche 6 avril 2008

Soleil sur mon front.

Un jour, tombée en amour pour une voiture bleue velours,

Suis restée bêtement plantée les bras tout grands écarquillés.

Mes yeux ont crié: "  Regarde-moi !  ", et deux flèches claires se sont plantées, là.

J’me suis penchée un peu craintive vers ces deux yeux clairs qui demandaient :

" Tu vas nous laisser longtemps plantés comme ça ? .

- J’ en sais rien, ai-je répondu, j’suis pas d’ici !

- Viens donc chez nous, dirent les beaux yeux, c’est bien, c’est doux, sauf que ça sent un peu l’ vieux . "

J’ai ramassé les deux yeux clairs, relevé le nez et vu la voiture bleue d’où une voix m’interpellait :

" Mademoiselle pourriez-vous m’aider ? Vous avez dans les mains quelque chose qui m’appartient. On fait un marché : si vous me les rendez, je vous laisse monter .  "

Pas folle la guêpe : j’vais d’abord me pencher, rien qu’un peu, et rendre à la voix ses beaux yeux.

J’les aurais bien gardés , mais on m’a appris à ne pas voler.

Je m’suis approchée de la voiture et avant d’avoir pu parler, me suis sentie emportée.

Tout était bleu autour de moi : l’habitacle, les sièges, le toit. Vrai que ça sentait un peu l’vieux .

J’ai regardé à côté de moi : les yeux étaient toujours là, mais ce qui valait le détour c’est tout ce qu’il y avait autour.

Un teint hâlé, des cheveux courts, les yeux qui disaient : " On va faire un tour ? " .

J’ai attaché ma ceinture et j’ai souris.

D’abord elle sent pas l’ vieux cette voiture : elle sent l’ voyage, l‘ amour et l’ temps.

Comme mon légionnaire qu’est au volant.

Par ...Caroline - Publié dans : ChemAins
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 6 février 2008



Voici quelques minutes qui passent.
Doucement,
Unes à unes.
Elles passent.
La trotteuse trotte,
Et jamais ne s'en lasse.

Je déteste les montres,
Pas que le goût de vieillir me dérange,
Mais comme vivre me démange,
Je veux pouvoir le faire à mon gré.
Et traîner et rêver si je veux,
Écouler paisiblement des jours heureux.

Regarder ma trotteuse s'épuiser
A courir après ce qu'elle ne pourra jamais rattraper.
Et sourire en voyant les gens autour de moi qui essayent de l'imiter.

D'un geste lent détacher ma montre, et la poser là, l'oublier à la longue.
N'avoir plus aucun sens du temps, l'apprécier tout simplement.



                                                                               Temps semé par nos pas accordés. Merci Marie.

Par ...Caroline - Publié dans : ChemAins
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 21 janvier 2008
undefined
Par ...Caroline - Publié dans : Regards
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 8 décembre 2007

 

Tiens, il y a un bonnet sur le radiateur !

Quelqu’un à posé un bonnet rouge sur mon radiateur blanc.

Chaque année, à la même époque, ce bonnet rouge apparaît.

Et je refais le même chemin à chaque fois :

Je snobe son pouvoir,

Je feins de ne pas y croire.

Puis un matin, entre café et croissant je lui jette un œil, et le soir mon regard s’y pose un peu plus longuement.

Je sens bien que je me rapproche, qu’ à pas lent je me ré-apprivoise.

 

Ce maudit bonnet rouge à pompon, posé là mine de rien, par sa seule présence me fait me sentir transparente, lisible à tout va.

Je suis pourtant très déterminée à garder le contrôle, à ne pas me ridiculiser, pas cette année…

Je sens et je sais le combat perdu d’avance.

Un matin au réveil je vais l’empoigner, le serrer, le respirer.

Je me laisserai glisser le long du radiateur et, blottie là dans la chaleur les yeux fermés, je laisserai remonter à la surface de mon cœur des images et des couleurs, des sons et des odeurs.

La magie de Noël ?

Non, je n’y crois pas.

Juste la part d’enfance qui sommeillait au creux de moi.

Par ...Caroline - Publié dans : Tu crois encore au Père Noël, toi ?
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 28 novembre 2007

Décider des liens
Des silences
Désir dense
Désir, danse…

Délirer sur rien
Des rives et des loin
Dériver un brin
A distance…

Tisser mine de rien
Métisser sans fin
Et danser contre l’absence

Et garder nos liens
Si prêts et si loin
Sauvegarder nos âmes en errance

Si tu veux je viens
Partager enfin
Déliter les apparences

Une promesse sur rien
Nos vides et nos pleins
Nos dits et nos riens
Libérés de la toile " e-ment se " .

 

Par ...Caroline
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 22 novembre 2007
P1010708.JPG

" Une rencontre, c’est quelque chose de décisif, une porte, une fracture, un instant qui marque le temps et crée un avant et un après. " Eric-Emmanuel Schmitt

 

Une petite fille joue.

Une petite fille court.

Une petite fille rit .

Je la suis des yeux et finis, comme elle, entre les mains de sa grand-mère.

Aïeule mystérieuse et maternelle.

Avare des mots qu’elle envoie en phrases courtes vers cette petite fille qui rit en suivant les injonctions tendres de la vieille.

Elles sont tendres j’en suis certaine.

Pas dans la forme certes, mais sur le fond .

Sous les replis de la tunique et dans les yeux qui sourient,

Sous le voile tombant un peu et qu’elle ramène d’un geste lent.

Là, dessous la peau marquée de vies portées,

Et dans cette silhouette ample et ancrée.

Là, dans ces mains marquées par le soleil et le temps,

Entre ces bras qui accueillent puis renvoient le petit rire cristallin :

" Va petite, ne reste pas dans mes bras.

Pars vers le soleil et souris à la route qui s’offre à toi.

Remplis tes yeux, nourris ton âme."

Et elle me donnait là, sans que je le sache, une leçon de vie, une leçon de mère, une leçon de femme.

Ma vieille amie...
J'ai, tatouées sur le coeur, les fleurs de henné qui décoraient tes mains.

Par ...Caroline - Publié dans : ChemAins
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 14 novembre 2007
                     LOBAFjpg.jpg



 ...aperçue par Un Cavalier qui passait par là
Par ...Caroline - Publié dans : Regards
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 10 novembre 2007

Descendre loin dans la forêt et pouvoir  y rester, silencieuse ……

 

 

J’ouvre les yeux. 
Ma tête se soulève, mes oreilles cherchent à capter le plus petit craquement de brindilles, le moindre bruissement dans les feuillages .

Je roule sur le flanc droit, lentement, gardant le contact de la mousse humide sur mon corps le plus longtemps possible.

Je repasse sur le dos et m’étire dans un mouvement de frottement très lent.

Un frisson me traverse l’échine.

L’odeur de bois et de mousse humide de rosée me font frémir d’aise.

Je me redresse, à pas feutrés je descends vers la rivière et entre dans son lit avec précaution. Agrippée à une branche perdue au fil de l’eau, je me laisse porter les yeux mi-clos, les sens en éveil.

Je finis par sortir de l’eau, prudemment, en rampant, et j’avise une pierre plus ou moins plate où je me laisse aller à la caresse des rayons du soleil naissant.

La tête au ras du sol, je renifle l’odeur de la terre et je m’emplis de tout ce que je peux capter d’elle.

Brusquement, je relève la tête, me redresse et ,lentement, un à un, enfile mes vêtements .

Maintenant, je peux retourner dans le monde du dessus.

Par ...Caroline - Publié dans : Amanimale
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 9 novembre 2007

J’ai un ticket !

Un ticket à moi toute seule !

Un ticket pour moi toute seule !

Il est un peu chiffonné, mais je l’ai enfin et c’est tout ce qui compte !

Je l’ai planqué au fond de ma poche à secrets.

Je l’ai plié bien petit, pour ne pas qu’il prenne trop de place.

Caché là, il est en sécurité.

De temps en temps, quand je suis seule et, surtout, certaine que personne ne me voit, je le déplie précautionneusement.

Et je le regarde…

Je me le regarde…

Je me le garde…

Et puis doucement, en écoutant le bruit du papier sous mes doigts, je le replie et je le range tout au fond de ma poche.

Amoureusement.

Par ...Caroline - Publié dans : AmorAmor
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 8 novembre 2007

" Je me repose mais mon coeur veille. "Salomon

 

 

Lorsque l’année s’étire sur sa fin, que le ciel se glace d’oranges givrés et que les forêts enfilent leurs manteaux d’or et de pourpre, elle sent venir le besoin de se retirer.

Son corps se fait plus lourd, sa tête l’encombre, ses pensées sentent l’humus et son regard s’embrûme. Elle doit vite trouver le chemin de son antre, cette grotte cachée au regard des humains.

Des humains, pas comme elle …

Elle rêve déjà de l’instant où, la nuit installée, elle va s’endormir enroulée sur elle-même. A l’abri de tout : des jours gris, des sons pâles, du monde endolori sous son vague à l’âme. Lovée de sa chaleur, laissant passer les rêves et deux saisons, attendant pour renaître.

Elle sera bien : dans ses rythmes ralentis , dans ses gestes alanguis et , ce temps suspendu , à sa guise.

Les yeux mi-clos, immobile, elle s’y sent déjà.

Un petit souffle chaud respire près de sien.

Elle ouvre les yeux sur un regard qui sourit, étonné : " Maman ? Tu dors ? ".

La louve n’hiberne pas.

Par ...Caroline - Publié dans : Amanimale
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

Recherche

Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus